2. Sanguinari Carni

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Extrait :

Dégageant d’un geste sec son couteau sans se préoccuper du sang qui giclait de l’horrible blessure, Jess Morgan se jeta à l’abri d’une pile de caisses et aligna sa mire sur la porte.  Il tira au moment précis où le commissaire Nat émergeait de la chaufferie. Avec un peu trop de hâte, peut-être, car la balle rebondit en miaulant sur la paroi de métal et se perdit dans la nuit.

 

pénicheGaby
La Gaby, sous son aspect péniche miteuse, cache un lieu de luxe pour diamantaires en goguette. C’est connu, les orfèvres ne se fient qu’à St Eloi, leur saint patron. Et pas seulement parce qu’il est aussi le patron des vétos et des chevaux mais, parce que dit la chronique : « Il était petit de taille avec une face rose, la face d’un ange et l’air prudent… » Un diamantaire, quoi!

Extrait :

Il examina longuement les multiples tuyaux qui sortaient de l’appareil. La chaudière était vraiment antique et il n’en avait jamais vu de semblable. L’enche­vêtrement de tubulures qui en sortait était extraordinairement complexe.

chaudiere peniche
De tubulures en tubulures, une chatte n’y trouverait pas ses petits et même un Jess Morgan peut commettre des erreurs, même lui. Avouons cependant que c’était de la belle ouvrage, ces chaudières de marine.

Extrait :

‑ Tu regardes trop à droite. Blue Lagon est juste au bord de la falaise, derrière les pins. Pars de la petite plage et remonte le long de cette crête de pierre. Tu verras un bout de terrasse.

Luc suivit ses indications et, tout à coup, il repéra la splendide villa à demi cachée dans la verdure. On ne voyait qu’une partie de la terrasse noyée de soleil. Là, une femme en bikini était allongée sur un transat et son visage disparaissait derrière un livre.

 

cabin-cuiserLepage
Le cabin cruiser du pote à luc, celui qui a un papa argenté et qui va bêtement se mettre dans les soucis de santé en rencontrant Morgan. Moins spacieux qu’une péniche, c’est sûr, mais nettement plus cool sur la mare, la grande bleue, la méditerranée.

Extrait :

‑ La première chose que je veux savoir, c’est comment vous avez découvert cet endroit et qui est au courant. La seconde, comment vous avez déjoué les alarmes.

Le ton était totalement neutre mais la menace était là, bien réelle. Il attendit quelques secondes une réponse qui, évidemment, ne vint pas. Cynique, il annonça alors au commissaire en désignant Luc Arno de la tête :

– Lorsque tu l’entendras hurler, tu seras tout à coup très pressé de parler, tu verras. Et tu le sais déjà.

coffreBlueLagon
Ce type de coffre, on en trouvait chez les notaires, gens sérieux par définition. Et, comme toujours chez les notaires, il y a des secrets cachés derrière l’aspect cossu et bon enfant.

Extrait :

– Je n’en ai eu que deux, dit Sandra Bélize, dépitée, en abaissant sa carabine Sig Sauer. Ils sont entraînés aux actions commando parce que les deux autres se sont tout de suite mis hors d’atteinte le long de la façade. Avec leur équipement, je leur donne quinze secondes à peine pour réussir à forcer la porte du garage et pénétrer dans la maison. A moins qu’ils ne soient déjà à l’intérieur…

SigSauer R93BlaserTactical
Sig Sauer Blazer, c’est du suisse, solide et fiable, tout aussi dangereux qu’une horloge qui vous tomberait sur la tête et précis comme un mouvement 2824 pour montre de luxe. Ce truc tue. C’est l’arme de prédilection de Sandra Bélize et, quand elle s’en sert, on en meurt.
assaut RAID BlueLagon
Ces deux-là ont survécu à l’aisance meurtrière de Sandra Bélize lors de l’assaut sur le Blue Lagon. Comme quoi, si l’audace a du bon, se planquer autorise parfois un futur.

Extrait :

La lueur des lampes torches troua la sombreur du tunnel. Pour les quelques mètres qu’on en voyait, l’étroit couloir était désert. Luc grogna :

‑ Merde, où est‑ce qu’on est ?

– Dans les « trous du diable », les renseigna Bertrand. Les calanques sont truffées de grottes et de passages, c’est pour ça qu’on n’avait déjà plus le droit de construire par ici bien avant la Loi Littoral. Beaucoup de récits pas si vieux que ça parlent de chèvres, de chiens et même de jeunes pâtres tombés dans des trous de ce genre et que l’on n’a jamais revus. Encore maintenant, il y a souvent des chutes de pierre et des éboulements.

lesTrousduDiable
« Les trous du Diable ». Dans ce labyrinthe minéral les aventures des Assassins ont bien failli tourner court. A droite, à gauche, devant, derrière, on court, on y perd la tête, on y égare sa vie.

Extrait :

Chaque fois qu’un brancard évacuait une victime, un sourd murmure s’échappait de la foule.

A l’intérieur, le commissaire Nat, flanqué de Luc Arno, procédait aux premiers interrogatoires. Les témoins, les survivants plutôt, l’air hagard, répondaient comme des automates. Ils ne pouvaient s’empêcher de fixer les sinistres taches rouge sombre qui maculaient le carrelage clair.

Abip-hall
Le problème, avec les banques, c’est leur côté cercueil. Pensez donc, on y enterre des sous et elles les grignotent comme des asticots. Quand quelqu’un vient procéder à l’exhumation forcée de cet argent, ça fait forcément des morts, des morts bien vivants.

Extrait :

Jonathan Nat, Luc Arno et Martin Lejeune observaient la progression de l’incendie qui gagnait le rez‑de‑chaussée de la ferme mais, curieusement, dégageait peu de fumée. Étouffées par la poussière des années d’abandon, les flammes travaillaient en douceur et sapaient le bâtiment de l’intérieur.

A ce moment, deux coups de feu, suivis de trois autres en rafale, si rapides qu’ils ressemblaient à un tir de mitraillette, les firent bondir en dégainant leurs armes.

Ferme Malatray-incendie
Cliché pris après l’incendie et la destruction quasi totale de la ferme Malatray où Sandra Bélize procédait en paix à un partage de butin. Mais il y a toujours des empêcheurs de procéder et partager en paix.

Extrait :

Jess Morgan encaissait chaque impact avec un tressaillement et continuait à serrer obstinément, fixant Jonathan Nat de ses prunelles sans éclat. Il semblait passé au-delà de tout sentiment humain. Il n’avait plus rien à perdre à part la vie et, sans la lumière qu’y avait apporté Sandra, qu’avait-il à en faire ? Mais il ne partirait pas seul et cette sentence sans appel était inscrite dans son regard lorsqu’il chuchota au commissaire d’un ton glacé, en bavant du sang :

‑ Tu vas mourir.

chambreMorganCHCoulommiers
Hôpital de Coulommiers. Derrière cette fenêtre, Jess Morgan blessé. L’Amour l’a mené là.

Extrait :

Jess Morgan n’aimait pas les gares. Trop de cohue, trop d’yeux de voyageurs en attente qui dévisageaient les gens pour passer le temps. Il était impossible de surveiller tout le monde et difficile de protéger son dos en permanence. Pour un homme traqué par toutes les polices et qui devait rester sur ses gardes dans tous les lieux publics, les gares avaient quelque chose de dangereux.

gareToulouse
A Toulouse, les gares ne sont pas ce qu’il y a de plus dangereux, on y vend de redoutables bonbons à la violette. Mais l’opérette, le bel canto, compense pour Sandra cet inconvénient pourtant majeur.

Extrait :

‑ Je partirai quand j’aurai ce que je suis venu chercher : le mille-pattes, le multiplicateur Pi60 et le conducteur de lumière. Plans et prototypes, bien sûr.

Étienne s’exclama sans réfléchir :

‑ Non mais, vous plaisantez ou quoi ?

Jess Morgan retroussa les lèvres en une sorte de sourire et dit :

‑ J’en ai l’air ? Et puisque tu es là, tu vas me les donner bien gentiment. Comme ça, je gagnerai du temps et tu auras peut-être une chance de survivre.

laboDarmon
A quoi ressemble l’intérieur de la tête d’un inventeur de génie ? Voir labo. Anyway, on peut mettre les deux à sac et piller leur contenu.